Une conversation avec Elina Brotherus


Depuis ses débuts à la fin des années 1990, Elina Brotherus construit une œuvre exigeante. L'autoportrait en est la base. Elle l'utilise de manière dialectique. Il peut parfois être classiquement autobiographique. Il peut aussi servir à interroger l'histoire de l'art ou la relation de l'individu à l'autre. Alors qu'Elina Brotherus prépare sa nouvelle exposition parisienne à la GB Agency, rencontre parmi les tirages posés au sol, tandis que l'équipe de la galerie s'affaire à installer un projecteur 16 mm.


Tu es en plein montage de ta nouvelle exposition à la GB Agency. Que vas-tu montrer ?

Je présente une série intitulée “Annonciation”. Je l’ai réalisée entre 2009 et 2013. Les dernières images datent de mars. J’en ai inclus une petite partie dans mon dernier livre, Artist and her Model. Susan Bright, l’auteur de l’un des textes, a un peu insisté en ce sens. Je ne pensais pas que cette série soit déjà présentable, voire même qu’elle le soit, tout simplement. Mais elle me disait que j’aurais des regrets si ces images ne figuraient pas dans le livre. J’ai pris en compte son opinion et cela m’a donné confiance pour finaliser ce travail.


Susan organise une exposition intitulée “Home Truths”, il me semble, à la Photographers’ Gallery de Londres à l'automne prochain et elle m’a demandé si elle pourrait y inclure cette série. Cela m’a décidée. J’ai pensé qu’il fallait que je laisse cette série m’échapper. Même si ce n’était pas très évident pour moi. “Annonciation” est un peu différent de ce que j’ai fait auparavant.


Le thème de cette série est très intime, il me semble…

Oui. Je suis en quelque sorte de retour dans l’autobiographie de mes débuts. Mes premières œuvres, vers 1997-99 étaient des histoires très personnelles et ensuite je m’en suis vraiment éloignée. J’ai fait les paysages géométriques, j’ai traité de l’histoire de l’art, etc. Il s’agit donc d’un retour au récit personnel. C’est un peu étrange, mais il me semble que c’était le bon moment pour le faire : le tournant de la quarantaine marque la vie d’une femme. On regarde derrière soi. D’où l’on vient, ce que l’on a fait, ce que l’on n’a pas fait… Comment l’on va continuer désormais. Cette optique m’a donné le courage de traiter un sujet qui est un peu tabou…

Cet entretien a été repris dans mon livreConversations où vous le trouverez dans son intégralité.

French and English version available.


"Revenue, 12 ans après" Photo © Elina Brotherus

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